lundi 31 décembre 2007

Retour à Baudelaire





Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.



Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.



Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,
Ô mer, nul ne connait tes richesses intimes,
tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!



Et cependant voilà des siècles innombrables
que vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables!

2 commentaires:

L'arpenteur a dit…

j'ai deux "livres" en permanence avec moi (dans la voiture, bien sur :o) : "les fleurs du mal" et un recueil de Rimbaud. Je les relis parfois, hitoire de retrouver un peu de paix entre les visites et les rdv ...
bises

mercedes a dit…

oui, les fleurs du mal se relisent inlassablement, je suis d'accord avec vous