samedi 5 juillet 2008

Cri




Dans le silence. Et tant à faire dans le plus simple
silence: je me suis tu.


Là, une parole est enfouie.
Péripétie de l'aridité des mots: aucun lieu aucune
fontaine. Quel est le cours d'eau qui rendra à la
source le corps absent et le restituera à la mer ?
Fin approximative, puisque le rivage, le sable, la
vague, le désir et...


Cri.



Recommencer à parler.
Conquérir.
Pas à pas revenir à ces lieux oubliés.


J'ai répondu :
la terre est notre mémoire.

Mes mots se sont fondus dans l'air.
seul écho, cette cicatrice
qui fend ma chair comme la terre
au plus fort de la soif.


Appellera-t-on cela un cri ?

Un homme a crié entre la rive proche et le rivage qui
l'emporte.

(Jean-Claude Izzo : "L'aridité des jours")

1 commentaire:

tisseuse a dit…

j'entends ce cri, il résonne.....