dimanche 9 novembre 2008

L'écume des jours





Chaque fois que je fais le trajet
je passe devant ce bar
chaque fois je songe
à l'écume des jours...


Fine mousse floconneuse
éphémère et fragile.
Brassées de fleurs salées
irisées parfois.

Moments de joie
dispersés disparus
dessins tracés
sur le sable
mouillé
absorbés.


Instants de vie
aussitôt écrits
aussitôt engloutis
aspirés par la terre
recouverts par la mer


Fleurs d'écume blanche

chevauchant les vagues
livrées au caprices
des marées et du vent.


Volatiles petits flocons vaporeux
dentelle de l'instant
posée sur les jours
se perdant dans les bourrasques
les embruns ou la brume marine.


Bulles légères pétillantes
rires d'enfants
déclinant
decreschendo
jusqu'au
murmure.

Ainsi les poèmes
qu'enfant je t'offrais
que tu glissais
dans ta boite à pipe
et qui en ressortaient
avec cette odeur
de tabac blond
insaisissable,
fragilité des mots.


Devant ce bar
en chemin
vers ta maison de retraite
où tu demeures
seul,
il me reste la maturation lente
la lucidité et la claivoyance
du poème sans fin,
tandis que l'écume bleue
s'envole au dessus des toits,
légèreté d'un parfum,
presque rien.





Photo 1: Café
Photo 2: une vague le long des plages landaises
Phote 3: Edward Munch (Mélancoly)
















1 commentaire:

Laura a dit…

Frêles instants évaporés mais qui hantent nos mémooires.