samedi 28 juin 2008

Le Vide



















"L'on glisse sur les plis et les replis du vide
comme sur un drapé de soi(e)"

dimanche 22 juin 2008

Roseaux




Le vent souffle dans les roseaux
Le courage ne suffit pas
Le vent souffle dans les roseaux
La raison se lézarde
Le vent souffle dans les roseaux
La volonté n'est plus que du sable


Le bruit du vent sur les roseaux
un murmure où se frayent des mots
déjà d'une autre langue
langue inconnue de l'absence
mots du sanglot rauque
écorchant la gorge
brûlante douloureuse


Oreille contre oreille
oreille contre bouche
recueillir le souffle
du vent dans les roseaux

dimanche 15 juin 2008

Esquisse






J'écris ces quelques mots
dans le carnet à spirales bleu.
Toi tu es allongé dans le hamac.
Une odeur de tabac blond t'entoure.
Je suis des yeux la fumée bleutée.
Ta main posée sur le rebord du hamac
comme suspendue au bord du vide,
émouvante de fragilité,
vulnérable dans l'abandon.



Aujourd'hui le hamac est vide.
Il n'y a plus l'odeur du tabac blond.
Le silence habite le jardin.
La nuit les arbres font des ombres bleues
remontant de la mémoire lointaine
crevant la surface des jours immobliles.
Je me souviens avec une précision douloureuse
de ta voix qui soudain murmure:
"c'est pas croyable comme tout disparait"



(Le Croquis est de Joël)

mercredi 11 juin 2008

Ce qui unit sépare





Ce qui unit sépare, ce qui sépare unit

We must meet apart, dit Emily

Littéralement: nous devons nous rencontrer quoique séparés,
quel que soit entre nous l'intervalle

Que nous unisse l'absence, car l'espace de la séparation est aussi
et surtout lieu de rencontre

Dira-t-on: idéal

Impossible en tout cas à mesurer, à la différence de l'écart
entre les corps, mais qui me dit qu'entre les vôtres et le mien

L'air ne tend pas un voile uni, indéchirable,
même si nous sommes réduit à l'état d'os ou de cendres ?


(De Claire Malroux à propos de Emily Dickinson)
(Chambre avec vue sur l'éternité)

Je me soucierais peu_de Murs_
L'univers fût-il_un Roc_
Tant que viendrait son Appel clair
De l'autre côté du bloc_

E.D.
(Photographie Catherine Bouretz)

mercredi 4 juin 2008

Le tilleul argenté





Sous les tilleuls argentés
un rêve déposé.
Les feuilles frissonnent.
Sous la brise s'abandonnent
les songes et les branches
doucement se penchent
recueillent la respiration
de la liseuse et ses visions
argentées.