lundi 22 septembre 2008

just dance







Just dance
on a flowery road
with a friend ,
just dance
in the light
nothing else



photo : reproduction d'une peinture de Benn (1905-1989)

vendredi 12 septembre 2008

Mélopée






Je savais très bien
anesthésier la souffrance
tu m'avais bien appris
partir dans les rêves
oublier le corps
lire jusqu'à plus soif
être ailleurs.

Aujourd'hui je ne sais plus
mes rêves se sont effilochés
les livres me semblent vides
même le marc n'a plus le goût
des raisins d'autrefois.


La souffrance remonte pourtant
mélopée lancinante
"Que je m'oublie et je demeure
comme le rameur sans ramer
Sais-tu ce qu'il est long qu'on meurt
à s'écouter se consumer"


Aragon si souvent chanté hier
aujourd'hui ces paroles
ne sont plus que des cristaux de glace
qui m'enserrent le coeur


Les enfants sont partis
Toi tu n'en finis pas de t'en aller
les projets les désirs s'émoussent
le corps s'affaisse
bien trop lourd.

On peut toujours lever les yeux
vers les étoiles filantes,
dans un brouillard de larmes
se dire que le temps passe trop vite
mais ne jamais oublier
ma main d'enfant dans la tienne
sur les chemins
dans les genêts dorés
pour l'éternité.
Sentir son corps vibrer
de toutes ses fibres,
danser la vie ?

mercredi 3 septembre 2008

Orienter sa vie




Bien avant d'être une manière d'écrire, la poésie est une façon d'orienter sa vie, de la tourner vers le soleil levant de l'invisible. le pain d'épice qu'elle cuit et qu'elle fait descendre dans un panier au bout d'une corde, de sa chambre à la rue où les enfants le mangent, le soin têtu qu'elle prend de ses rosiers et sa patience ailée devant la tyrannique langueur de sa mère_ Tout est pour Emily une occasion d'exercer cette empathie qui est la source claire du génie.



A la naissance quelque chose est donné à chaque nouveau né. Cette chose n'est rien. Elle n'a pas de forme, pas de nom, aucun prestige. Elle est notre seul bien. On l'entrevoit par éclairs " le simple sentiment d'être en vie m'est une extase" . Cette fleur blanche du rien qui par instant s'ouvre dans le coeur rouge, c'est la fleur commune des Saints. Elle ne se fane jamais. Être Saint c'est être vivant. Être vivant c'est être soi, seul dans son genre.


A propos d'Emily dickinson (Christian Bobin- La dame blanche- )
Gravure sur bois et photo de Joël