samedi 20 juin 2009

Sang



Lignes sur le sol
bien serrées
Blocs de basalte
bien rangés.
La terre parait lisse
ordonnée.
Juste un suintement
rouge.
Le sang de la terre.


Traces sur la pierre.
Écriture de la terre.
Énigme du temps.
Le chant ancien
des orgues basaltiques
pulse encore dans nos veines.
Un étau enserre les tempes.


C'est la même douleur
qui nous relie
au vieux volcan endormi.
Le feu liquide du passé
souffrance pétrifiée
blocs noirs refroidis.
A la surface
lèvres craquelées
rocs parcheminés
de veinules rouges.
Sous la pierre
un coeur palpite.


Des mots noircis
érodés
râpent la gorge
les cris engloutis
écaillent l'écorce
terrestre.

3 commentaires:

Laura a dit…

Oui je me retrouve bien dans ton texte et j'aurais sans doute pris la même photo!
(contente que ta connexion remarche...)

estourelle a dit…

Pourvu que ça dure!!!!
vu que je ne peux plus m'en passer
et que "c'est comme l'air qu'on respire" ! la dépendance à la technique permet tellement de liberté... :)
Ces paysages sont sources d'inspiration c'est vrai!

Bifane a dit…

Si la terre se souvient de nous, si nous lui laissons quelque chose de nos vies, quelque chose de nous, vraiment de nous, sans doute elle doit porter bien des nuits et des souffrances, tant ceux qui s'y effondrent les lui ont pleurées...
Touchant, ce poème, Estourelle, comme sont les murmures du chagrin, parfois, quand on ne peut les entendre vraiment mais qu'on les sait et les ressent.