lundi 30 mars 2009

Un poeta è passato




Un poeta è passato
attraverso l'oceano balenante
dell'atmosfera di pietra e d'acciaio
della città notturna.

Lungo le strade rugghiano
infrangendosi in scoppî
le forze inesorabili,
colmi fiumi di stelle
che impazziscono in gorghi.

Il poeta attraversa
tutto il cielo notturno
e ha gesti grandi, come chi combatta.

Un uomo che cadesse tra le stelle
serrebbe cosi
le mani dell' angoscia sulle tempia,
rantolando nel ritmo.

Negli aloni di luce
il poeta s'agguaglia nel delirio
agli uragani cosmici di forza
della città notturna.



Cesare Pavese
Photo Alain alexandre

mardi 24 mars 2009

Hall




En un lieu ordinaire
lieu de passage
hall banal
un poète s'est arrêté
son regard a traversé
corridors escalators
portes ouvertes sur la ville
vitres séparant
le dedans et le dehors
d'une fragile façade.


Traçant des mots solaires
de son coeur solitaire
il accède aux portes invisibles
de l'espace intérieur


guetteur veilleur
attentif aux visions
aux signes cachés
dans la rumeur du monde.


Et si derrière le rideau obscur
des formes apparentes
se déroulait une autre scène
une vie derrière la vie
une danse oubliée,
le chant ancien
d'un vieux chaman
perdu depuis longtemps
dans les ruines
d'une histoire humaine.

Photo: Alain Alexandre

lundi 23 mars 2009

Broderies







Trouée de silence
où la lumière passe
espace de vie
où la parole fleurit
fil brodé
autour d'un vide
qui parle
d'elle.

dimanche 15 mars 2009

Le coeur cousu




Mon âme est brodée au passé, couverte de couchures de plumes d'oiseaux minutieusement assemblées. Broderie-miroir, les mots de la couturière ajoutent des morceaux de verre argenté ou du mica à mon paysage intérieur. Ses longs monologues déversés dans la pièce perlent mes jeux d'enfants de souvenirs qui ne sont pas les miens. Les rêves de la couturière sont montés un à un à l'aide d'aiguilles invisibles si fines qu'elles blessent à peine mes tissus délicats. Je me fais étoffe pour elle, je me tends à l'envers sur le métier de bois, moi qui ne suis que chair, os et sang.
...Me voilà traversée par la lignée, emplie d'un réseau compliqué de mailles bouclées et tortillées se succédant rang par rang ...
...N'est-ce pas la douleur de nos mères que nous nous léguons depuis la nuit des temps?

Extrait du livre le coeur cousu de Carole Martinez (Gallimard)

mercredi 4 mars 2009

Seule Venise




Seule Venise
nous console
la beauté s'y enlise
et les regrets s'endorment
dans la lagune grise.
Un canal s'étonne
des reflets qu'il avale
l'ombre danse sur les murs
l'eau et la pierre s'affrontent
avec lenteur et volupté.


Le présent abat
sa dernière carte
la sorcière se cache
son sourire frémit
derrière le soupirail.


Je voulais voir Venise
avant que le temps ne me vole
mes derniers rêves
j'y laisserai un mot secret
glissé dans la pierre mouillée
une âme en lambeaux
couleur de moisissure
quelques perles de rire
jetées à la mer
une femme éperdue
embrassant la lumière.


Le titre "Seule Venise " est le titre d'un livre de Claudie Gallay
que j'ai beaucoup aimé.