vendredi 29 janvier 2010

la lectrice




Lorsque j'arrivais à la limite de l'île
à la limite de mon être
je n'avais plus que le livre
que l'écho de ces mots
qui me parlaient
dans le silence
du vent et de la mer
ouvrant une brèche

une voix sourdait
naissait résonnait
qui n'était pas la mienne
un entre deux subtil
commençait
un jeu de résonance
sans début ni fin

mercredi 20 janvier 2010

Lecture



"... Maintenant comme alors, je pense que le seul enjeu, pour un être vivant, est de ne pas lâcher prise. La vie est une branche fragile suspendue au-dessus d'un abîme. Je m'y cramponne tant que j'en ai la force. Puis je tombe, comme les autres, et je ne sais pas ce qui m'attend. Y a-t-il quelqu'un en bas pour me recevoir ? Ou n'est ce qu'une froide et dure nuit qui se précipite à ma rencontre ?..."

"...Des promesses, a-t-elle dit, on en reçoit tant. On s'en fait à soi-même. Les autres nous en font. On a les politiciens qui nous parlent d'une vie meilleure pour les vieux, d'un hôpital où personne n'aura plus d'escarres; on a les banquiers qui nous promettent des intérêts plus élevés, les produits qui nous promettent qu'on va perdre du poids, les crèmes qui nous promettent une vieillesse avec moins de rides. Vivre, au fait, ce n'est jamais qu'avancer dans son petit bateau au milieu d'un flot de promesses variées à l'infini. Quelles sont celles dont on se souvient ?
On oublie celles qu'on voudrait se rappeler et on se souvient de celles qu'on préférerait oublier pour toujours. Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule. Plus je vieillis plus je les vois. La plus belle promesse de ma vie, c'est celle que tu m'as faite quand tu m'as dit que tu m'emmènerais jusqu'à ce lac dans la forêt. Alors je veux le voir de mes yeux et rêver que je m'y baigne avant qu'il ne soit trop tard..."

Henning Mankell
Les chaussures italiennes
(Roman- Seuil)

mercredi 13 janvier 2010

Chemin


..."Le libre chemin qui s'enfuit m'invite et m'appelle à suivre ses détours et à pénétrer ses mystères. Et puis ce chemin c'est le passage de l'humanité, c'est la route de l'univers. Il n'appartient pas à un maître qui puisse le fermer ou l'ouvrir à son gré. Ce n'est pas seulement le puissant et le riche qui ont le droit de fouler ses marges fleuries et de respirer ses sauvages parfums. Tout oiseau peut suspendre son nid à ses branches, tout vagabond peut reposer sa tête sur ses pierres. Devant lui, un mur ou une palissade ne ferme point l'horizon. Le ciel ne finit pas devant lui; et tant que la vue peut s'étendre, le chemin est une terre de liberté. "...

Consuelo de George Sand (Phébus libretto)

mercredi 6 janvier 2010

Mer


Nous avons rendez vous
sur un lac d'or
la mer encore
nous ramène au rivage
d'une mémoire endormie
douceur de la lumière d'hiver
pourtant âpre et rude.


"Rien que ces eaux à traverser,
de la lumière à devancer
rien que que le jour à diviser
de la nuit"
Fabio Pusterla, Deux rives

"Ne t'enfuis pas, A. Rimbaud.
Obscurs, nous sommes nés pour démêler l'obscur.
Pour que vive chaque matin la route."
Claude Estéban, le jour à peine écrit