jeudi 25 mars 2010

It's real


Jeune femme Dongria. (c) jason taylor/Survival.
Le film"Mine" produit par Survival sur l'impact de la mine
est visible à l 'adresse suivante :


dimanche 21 mars 2010

Sillons


Aux sillons du temps
se grave au fil d'argent
la mémoire d'un chemin
déroulant
des volutes sans fin

au centre l'oeil écoute
ça craque sous le pas
et l'on entend le son
d'un vieux disque rayé

une rhapsodie lancinante
tourbillonne
dans les lignes du bois
un sanglot de saxo
un murmure de haut bois
qui tend jusqu'à la brisure
le fil de soi

mardi 16 mars 2010

Adieu




J' arrive où je suis étranger

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger

Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le cœur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon

Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux

Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus

Peu à peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps

C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie

C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux

O mer amère, ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
A l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger

dimanche 14 mars 2010

Ferrat

Le vent dans tes cheveux blonds
Le soleil à l'horizon
quelques mots d'une chanson
Que c'est beau, c'est beau la vie!

Un oiseau qui fait la roue
Sur un arbre déjà roux
et son cri pardessus tout
Que c'est beau, c'est beau la vie!

Tout ce qui tremble et palpite
Tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j'ai cru trop vite
A jamais perdu pour moi

Pouvoir encore écouter
Pouvoir encore regarder
Et surtout pouvoir chanter
Que c'est beau, c'est beau la vie!

Le jazz ouvert dans la nuit
sa trompette qui nous suit
dans une rue de Paris
que c'est beau ! c'est beau la vie!

La rouge fleur éclatée
d'un néon qui fait trembler
Nos deux ombres étonnées
Que c'est beau, c'est beau la vie!

Tout ce que j'ai failli perdre
Tout ce qui m'est redonné
Aujourd'hui me monte aux lèvres
En cette fin de journée!

Jean Ferrat

lundi 8 mars 2010

Echapée belle


visage tourné vers le bleu
on porte un peu plus haut
le regard

un souffle
tapi dans l'ombre
de l'hiver
s'échappe

jeudi 4 mars 2010

Nus


"En définitive
nous ne souffrons pas
mais nus enlacés
nous dormons
avec une blessure"

Abbas Beydoun, Tombes de verre et autre poèmes
chez Actes Sud
Photo: Sculptures de Camille Claudel, valse et l'âge mûr