lundi 24 mai 2010

Disparition



On est dans l'effacement
Là où on était
on y était pas vraiment
les objets nous redonnent
la présence
dans une absence

où se glisse
une plénitude
poignante
qui manquait

alors


nos pas glissés
sur le pavé mouillé
se sont effacés

jeudi 20 mai 2010

Poésie


Poésie lumière
au fond de soi
demeurant

mot pierre

scintillant
dans les ténèbres

oscillation du réel

emmenant
autre part

désert où

le vide et l'absence
sont présence

Parole qu'au fond
de soi
on ne peut dire
mots vides mots pleins
silence

secret enfoui

aux caves de l'enfance
pavés déracinés
rue des révoltes
perdues

Être aux aguets sans l'être
écrire en hâte
sur des coins de tables
le long des rues
des chemins creux

laisser affleurer

les mots l'émotion
élimer l'exaltation



dimanche 9 mai 2010

La Source


J'appelle poésie cet envers du temps,
ces ténèbres aux yeux grands ouverts, ce domaine passionnel où je me perds
ce soleil nocturne, ce chant maudit aussi bien qui se meurt dans ma gorge
où sonnent à la volée les cloches de la provocation...
J'appelle poésie cette dénégation du jour, où les mots disent aussi bien
le contraire de ce qu'ils disent que la proclamation de l'interdit, l'aventure
du sens ou du non sens, ô paroles d'égarement qui êtes l'autre jour,
la lumière noire des siècles, les yeux aveuglés d'en avoir tant vu, les oreilles
percées à force d'entendre, les bras brisés d'avoir étreint de fureur ou d'amour
le fuyant univers des songes, les fantômes du hasard dans leurs linceuls
déchirés, l'imaginaire beauté pareille à l'eau pure des sources perdues...
L. Aragon

samedi 1 mai 2010

Arbres





















la candeur du poète
son regard léger posé
sur les choses
sa foi dans le verbe
révélant un feu
incandescent
sa vision
ses yeux
pénétrant le monde
le rendant nouveau



orant implorant
dans le silence spectral
des jours
Le poète va marchant
traçant une ligne frêle
vers l'infini
et pourtant brisée


Photographies de Sabrina et Roland Michaud