mardi 29 juin 2010

Ciel d'Italie


Ciel d'Italie
où tremblent
mes rêves
si pâle
presque
évanescent

la lumière
tombe
sur moi
en douce pluie
d'opale

ce rien
si dérisoire
cet air léger
chargé
de délices
ignorés

m'emporte
au delà
des confins
des îles

lundi 21 juin 2010

désaffectée


On essaie de faire comme si
de rien n'était
c'est mieux
un peu
comme si

mieux que rien

mais tenir ça épuise

réduit à peu
au bout
même plus la force
de soulever du comme

Antoine Emaz

Photo de Joël

mardi 15 juin 2010

Cairn

J'ai bâti un cairn
pour faire rempart
aux cauchemars
pour tenir bon
face au vent
face aux déroutes

posé les pierres
en cercle de protection
pour rassembler
l'énergie de la vie
sur l'une des pierres
le mot paix

Je n'ai rien calculé
les pierres me sont venues
dans les mains
puis j'ai mis à l'intérieur
sur le vaisseau de marbre
les coquillages

pour le retour vers la mer

l'infini voyage
des origines

spirale fossile

inscrite dans la fragile
coquille calcaire

cairn flottant
berçant
nos rêves
d'océan


Photo: Cairn sur le Mezenc
Extrait de Image et nature

dimanche 6 juin 2010

"Poignée de terre"


Le jour est si fragile à la corne du bois
que je ne sais plus où ni comment ce matin
poser mes yeux, ma voix, poser ce corps d'argile
si drôlement qui craque à la croisée des ombres.

J'ai peur soudain, oui peur de n'être que cela:
une poignée de terre qu'un souffle obscur à l'aube
tient dans sa paume, et qu'il ne s'épuise d'un coup
et me laisse tomber dans la poussière du temps,

comme ces fruits qu'aucune bouche n'a touchés
et qui roulent sans fin dans la nuit des famines.
Seigneur, si vous êtes ce souffle obscur et si
fragile à la corne du bois, et si je suis

ce corps, resserrez votre paume, resserrez-là.

Poème de Guy Goffette
Extrait de l'adieu aux Lisières

Sculpture de Rodin

mercredi 2 juin 2010

L'autre versant


Je suis passée
sur l'autre versant
de la colline
je descends lentement
en humant le vent
en goûtant les pas
en écoutant la vie
qui bruisse

Toi tu es perdu
quelque part
étonné que l'on puisse
te retrouver
mais on ne sait
où tu es vraiment

Parfois dans mes songes
on se rejoint
sur la colline qui descend
lentement
vers l'or du soir