Ciel d'Italie
où tremblent
mes rêves
si pâle
presque
évanescent
la lumière
tombe
sur moi
en douce pluie
d'opale
ce rien
si dérisoire
cet air léger
chargé
de délices
ignorés
m'emporte
au delà
des confins
des îles
On essaie de faire comme si
de rien n'était
c'est mieux
un peu
comme si
mieux que rien
mais tenir ça épuise
réduit à peu
au bout
même plus la force
de soulever du comme
Antoine Emaz
Photo de Joël
J'ai bâti un cairn
pour faire rempart
aux cauchemars
pour tenir bon
face au vent
face aux déroutes
posé les pierres
en cercle de protection
pour rassembler
l'énergie de la vie
sur l'une des pierres
le mot paix
Je n'ai rien calculé
les pierres me sont venues
dans les mains
puis j'ai mis à l'intérieur
sur le vaisseau de marbre
les coquillages
pour le retour vers la mer
l'infini voyage
des origines
spirale fossile
inscrite dans la fragile
coquille calcaire
cairn flottant
berçant nos rêves
d'océan
Photo: Cairn sur le Mezenc
Extrait de Image et nature
Le jour est si fragile à la corne du bois
que je ne sais plus où ni comment ce matin
poser mes yeux, ma voix, poser ce corps d'argile
si drôlement qui craque à la croisée des ombres.
J'ai peur soudain, oui peur de n'être que cela:
une poignée de terre qu'un souffle obscur à l'aube
tient dans sa paume, et qu'il ne s'épuise d'un coup
et me laisse tomber dans la poussière du temps,
comme ces fruits qu'aucune bouche n'a touchés
et qui roulent sans fin dans la nuit des famines.
Seigneur, si vous êtes ce souffle obscur et si
fragile à la corne du bois, et si je suis
ce corps, resserrez votre paume, resserrez-là.
Poème de Guy Goffette
Extrait de l'adieu aux Lisières
Sculpture de Rodin
Je suis passée
sur l'autre versant
de la colline
je descends lentement
en humant le vent
en goûtant les pas
en écoutant la vie
qui bruisse
Toi tu es perdu
quelque part
étonné que l'on puisse
te retrouver
mais on ne sait
où tu es vraiment
Parfois dans mes songes
on se rejoint
sur la colline qui descend
lentement
vers l'or du soir