mardi 27 juillet 2010

Hommage



La présence fleurit                            quelque part


dans l'embrasure
sa fulgurance nous saisit


les roses trémières de l'été
n'en finissent pas de rouvrir
la blessure de                                       
l'absence


Les fenêtres closes


les yeux fermés
recueillent les pensées
fleurs de vie


Hommage des tiges hautes et fières
ton regard                                             
m'accompagne


la sève des souvenirs
traverse les ondes
nous transforme                                  
souterrainement



lundi 19 juillet 2010

Hommage





Un jour de plus augmenté d'un jour




Le village presque uniquement peuplé de roses trémières,
un fil maintient haut la population des tiges pour laisser
passage aujourd'hui           à quoi ? à la fraîcheur océane,
à un instant de fraîcheur océane.




...est-ce           une fois pour toutes     l'éternité ? la
fraîcheur, est-ce la voir disparaître, cette éternité ?




Le jour où j'ai vu l'air, aura biffé comme je vois.




      Ce vide dans la parole qu'oreille, bouche, regard ont forée,
je l'habite.



André Du Bouchet


mercredi 14 juillet 2010

Un mot


__________Faire voyager les livres
__________puisqu'ils nous font voyager


des mots se livrent
__________ un héritage léger
se dévoilent _______________ un froissement de l'air
nous sont transmis__________un pont entre deux rives


___une parole vive
___nous déplace
___alors que nous ouvrons
___au hasard la page
___et qu'un mot improbable
___nous parle
___nous rejoint
___nous brûle
___nous consume
___et ouvre_______le vide__________transfiguration


on pose le livre sur les genoux

le regard porté loin

nous n'irons pas plus loin

un seul mot suffit

et c'est le mot ___voir ___________aujourd'hui

sur ce banc

dimanche 4 juillet 2010

Coeur à la roue


Le craquement des fibres dans la nuit
Le bloc taillé dans la chair qui durcit
Cette statue intérieure que moi-même je sculpte
Cette forme abritée qui devient nette et dure
Ce repli dans le cœur qu'on ne verra jamais
Ces lignes dans l'esprit plus clair que tu méprises
Le cristal rigoureux que la passion irise
Le rendez-vous manqué

Rien ne fera d'un pont à l'autre la lumière
Rien ne fera jouer les gonds rouillés de l'épaisse portière

Il suffirait d'un geste à peine dessiné
D'un mouvement de lèvre sans murmure
D'un regard sans intention trop arrêtée
Il suffirait de rien
Mais rien ne suffira
Dans la nuit de velours
Masque du vide

Pierre Reverdy "cœur à la roue"
Extrait de Ferraille (1937)
Photo de Joël