La nuit en silence se pose sur la forêt. Le chemin sous les hêtres a disparu. A sa place une sombre fosse s'enfonce tout en se dressant de plus en plus à la verticale. On sent le flanc de la montagne sous les racines qui respire. la lumière se mêle à la glaise aux feuilles mortes. Pierres et branches cassées ravinent la blessure. La crevasse ombreuse avale lentement la clarté, nous attire dans la gravité. On s'arrache à l'attraction en déséquilibre, oiseau gauche, sans ailes. On bat l'air agrippé aux arbres, les mains en prière autour des troncs lisses, le corps ployé griffant la terre. Un douloureux combat entre les forces telluriques et celles qui nous propulsent en avant, la peur ou la force de vie sauvage.
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lundi 26 septembre 2011
mercredi 21 septembre 2011
Bleu
Le jour ouvre le jour. L'évidence nous aveugle. Des blocs de matière, des poids de peine nous dérobent sa clarté. La lumière nous traverse en permanence. Elle nous environne disloquant les doutes les errances. J'ai bu le ciel. Enivrement bleu. Les yeux fermés je retiens les points lumineux. La danse des atomes, le sourire de l'été, un éclair de vie: mon ciel ne s'éteint pas. Le ravissement du bleu me transporte hors de moi. Une contemplation céleste, une joie d'enfant ourlent mes jours en marche. On croit dans l'azur même caché et on avance dans la nuit.
samedi 17 septembre 2011
Ailleurs

__________________________On dit lunaires
__________________________On dit ailleurs
__________________________On dit lointains
__________________________On dit absents
__________________________Parfois on dit poètes
__________________________Mais ils sont là dans l'instant
__________________________L'ici et maintenant de l'éclair
__________________________A la vitesse de la lumière
__________________________l’œil à la vision
__________________________un mot lui répond
__________________________puis un silence
__________________________une attente vide
__________________________L'aspiration dans le trou noir
__________________________la présence absence
__________________________se fond dans la la Ténèbre
__________________________là où la densité ne permet plus
__________________________la lumière
__________________________En quête de fulgurance
__________________________de son œil
__________________________de sa main
__________________________de ses mots gouttes de feu
__________________________il ranime la matière
__________________________
__________________________Donnant à voir dans la nuit
__________________________il retombe dans la nuit
lundi 12 septembre 2011
Qu'il entre maintenant...
______________Qu'il entre maintenant vêtu de sa seule impatience
______________dans cet espace enfin à la mesure de son cœur.
______________qu'il entre, avec sa seule adoration pour toute science,
______________dans l'énigme qui fut la sombre source de ses pleurs.
______________Nulle promesse ne lui a été donnée;
______________nulle assurance ne lui sera plus laissée;
______________nulle réponse ne peut plus lui parvenir;
______________nulle lampe, à la main d'une femme jadis connue,
______________éclairer ni le but ni l'interminable avenue:
______________qu'il veuille donc attendre et seulement se réjouir
______________comme le bois n'apprend qu'en la défaite à éblouir.
______________Philippe Jacottet
dimanche 4 septembre 2011
Souffle
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