mercredi 26 mars 2008

Passage




Déchirer les ténèbres d'un autre cri
de rage de colère délivrer l'oubli
ouvrir une brèche, se ruer vers le ciel.


Enseveli sous les décombres
endormi sous les ombres
vit un jardin entre ciel et terre.


Dans le hamac du temps
des traces de bonheur fané
un ressac d'histoires sans fin.


La lointaine muraille se rit
de nos essoufflements
le passage est incertain.


Le chemin nous tord
comme ces troncs noueux
la souffrance nous essore
et nous mord.


Toucher l'azur du doigt
tendre son visage au vent
la fatigue des jours
tombe en lambeaux.


Ne reste au creux des mains
qu'un fin duvet d'oiseau
âme légère, plume vive
qui s'envole entre les cimes


passe les parois tranchantes
orgueilleuses,
derrière il y a d'autres forêts,
d'autres rochers, d'autres horizons.


Personne ne sait la fin de l'histoire
la vie qui s'enfuit, les énigmes
les énigmes qui nous laissent
à jamais le coeur battant.


Le regard s'attarde un instant
tente de capter l'infini
"les lointains si bleus".


En vain.

mercredi 12 mars 2008

Ténèbres







MISERERE






"...Notre obscure journée s'éblouit de
leur nuit
nous n'avons point assez de nuit pour
nous terrer
nous sommes nus jusqu'à la moelle...
et nos mots tombent en poussière...
nous sommes devenus étrangers
à nous-mêmes
de grands vents soufflent qui nous
chassent de la chair..."






Ps (50-51) Trad. P. Emmanuel



Note:

les quatre photos précédentes en noir et blanc
sont effectivement des photos d'une forêt brûlée
faîtes par Paul Kenny à Burdignes dans la Loire.
Sa série de photos est intitulée:


"Requiem pour la forêt 2001"





















lundi 10 mars 2008

Où vont les cris ?




Il y a des troncs noirs qui montent
en bel ordre vers une voûte sombre
et de jaunes rayons pleuvent entre les branches
en larges roses de lumière;
sur le sol un mélange
de feuilles, de bois pourris. Il y a le silence
des châtaignes trouées des bogues. Ni bêtes,
ni oiseaux. Il n'y a rien
d'étranges ou d'alarmant.
Mais si quelqu'un criait,
on ne sait où irait son cri, peut-être aux branches
se pendre comme un sac
oblong, méconnaissable. Si le cri
n'est pas entendu, que fait-il,
que devient-il ? Où vont
les cris inécoutés, quelle énergie
déchaînent-ils ?


Fabio Pusterla ( Traduction de l'Italien)

jeudi 6 mars 2008

Bois de la folie




Ci sono i tronchi neri che salgono
con regolarità perfetta verso una volta cupa
e raggi gialli spiovono da intrichi
in larghe rose di luce;
al suolo, un misto
di foglie e legni marci. C'è il silenzio
delle castagne forate, dei ricci. Non si vedono
animali, uccelli. Non c'è niente
di strano, o di inquietante.
Ma se uno gridasse,
dove andrebbe il suo urlo non si fa, forse sui rami
a penzolare giù come una sacca
oblunga, inconoscibile? Se il grido
non lo sente nessuno, cosa fa,
cosa diventa ? Dove vanno
le grida inascoltate, che energia
sprigionano ?

Fabio Pusterla