mercredi 28 mars 2012

Printemps


Le printemps au sortir de l'obscur offre ses couleurs, ses odeurs, puisées dans les profondeurs de l'humus. Dans le long cheminement patient de l'hiver les germes en attente se déploient lentement. L'intériorité nécessaire à la fleur, celle de l'homme à la recherche de son humanité, un long travail de maturation. Soudain la présence fleurit quelque part, la conscience d'être jaillit. Un bruissement de pétales qui se défroissent, une légèreté de l'air qui sourit. Saison de l'instant, le mouvement de la vie à peine entrevue, l'éclosion.

dimanche 25 mars 2012

Le belêt


______________L’agneau cherche l’amère bruyère,
______________C’est le sel et non le sucre qu’il préfère,
______________Son pas fait le bruit d’une averse sur la poussière.

_______________Verlaine


mardi 20 mars 2012

Joie

_______________Vertige du derviche
_______________poussière imaginaire
_______________tourbe mêlée à la terre
_______________illusions en cendre

consentement

_______________au chemin éphémère
_______________au vent fou
_______________à la joie
vive
_______________


vertige du derviche
la vie et la mort tournent
poussière sans nom
tourbe endormie
disséminée
dans un imaginaire
d'étrangeté


le printemps
mêle à la terre
de l'enfance
un consentement
au vent fou
au chemin éphémère
à la joie vive

vendredi 16 mars 2012

Terre



La terre a recouvert nos chimères. De sinistres hivers nous ont broyés, ont fait de nous terre nue, aride, de bauxite concassée, rouge sang. Le sang de la terre comme une blessure béante, criant, son impuissance, devant les pilleurs de vie, les tueurs de joie. Qui donc a tué la joie des suicidés, endormie sous la poussière. Sont passées les vents éphémères, ont disséminés tous les martyrs les paumés les désespérés les morts trop tôt, trop vite oubliés, les vivants qui les ont lâchés. J'aurai voulu comprendre la vie et son étrangeté, je n'ai fait que tourner en rond qu'attiser les cendres de la déraison, m'éloigner d'un centre sans nom, roi de l'illusion. Je suis le derviche fou, prisonnier du vertige qu'il actionne. Ce ne sera plus jamais le bonheur dans l'imaginaire infini de l'enfance et La mort au bout du chemin me retourne les tripes, pourtant la joie de vivre est entière, intacte. L'espérance est mêlée au désespoir comme la tourbe à la terre. Le consentement à la vie et à la mort est-il donc de même nature. Elles cheminent ensemble comme l'hiver et le printemps.



mardi 13 mars 2012

chair

________________Fragilité et dureté
________________langue altérée
________________langue blessée
________________qui parle dans la faille

________________visage impénétrable
________________couches de chair
________________en mouvement





jeudi 8 mars 2012

Pierres


Blessées aussi les pierres lorsqu'elles craquent sous le gel, les veines éclatées. Ouvertes béantes. A l'air aux intrus aux odeurs aux couleurs. Jusqu'à leurs cœurs de matière dense, serrée si dure. Blessure, fêlure qui laisse passer la vie. Ouverture possible. Retournement, changement de structure. Cassée altérée abîmée elle laisse apparaître leur fragilité. Je peux glisser ma main dans la faille sentir sa texture douce et froide à l'intérieur. Je réchauffe doucement son centre. Je sonde son invisibilité, je me fais pierre elle se fait chair. Échange palpable. visage impénétrable, pierre satinée. Langue pétrifiée langue inscrite dans le roc. Qui parle depuis des millénaires dans les couches de la terre?

jeudi 1 mars 2012

Derrière le silence




______________
dans le creux des songes
______________le cri des mots
______________hurle vent déchirant



_________________________un signe s'infiltre
_________________________une clef en silence
_________________________dissout une porte