mardi 5 mai 2009

Carnet de notes




Perdu à Venise une écharpe
Laissé quelque chose de moi là-bas finalement.
Ça me fait repenser à ce vers écrit il y a longtemps:
Je tends les mains,
j'arrache au temps
son voile obscur.
Je ne saisis que du vent
une écharpe de soie
qui s'enfuit de mes doigts.


Vertige du temps...
Vu en passant un homme à une terrasse lisant un journal
devant un café.
Je ne sais pourquoi mais cette image me percute.
Regret.
Ne pas pouvoir goûter l'instant avec cette nonchalance.


Beaucoup trop de boulimie pas assez de lenteur de rêverie
de déambulation solitaire.
Rien donc pour qu'un poème ne vienne
au jour.


Seul le regard dérive et glisse
dans un oubli bienfaisant.


Rappel du corps, douleur.
Marche labyrinthique.
Aucun but.


Regard happé
par les reflets.
La mer, si proche, là!
à porter de main.


Âme à la dérive.
Juste une parenthèse
un temps entre deux rives
où l'on est si étranger et si présent à la fois
et où l'on peut caresser l'instant
d'une aile de goéland.
Indifférent.


Juste
"une capacité de mettre entre parenthèse
l'abrutissement pour pouvoir le travailler"

La citation finale est extraite du livre de Antoine Emaz
Cambouis - Edition Seuil-Déplacements

4 commentaires:

Laura a dit…

J'aime bien ces petits instantanés que tu nous livres et...çà fait drôlement envie d'y aller !!! Ca ne saurait tarder....

Bifane a dit…

C'est étrange, le vide, ce vide, comme il semble plein, tellement plein de choses gardées derrière les barrières des jamais plus, et la brûlure des j'aurais dû...
Très agréable évasion, lecture où se laisser doucement flotter, couler peut-être, parcouru des sentiments effleurés.

Motsnécessaires a dit…

Un petit salut en passant… J'aime ce poème "non-poème"… Mais, ah, voir Venise! De mon côté, activité poétique réduite en ce moment…

Anonyme a dit…

la magie de Venise est éternelle :o)

l'arpenteur d'étoiles