le veilleur attendait la paix
tout au fond d'un jardin secret
des fleurs embaumaient seul l'oiseau
chantait joyeux sous les rameaux
le veilleur attendait la paix
tout au fond d'un jardin secret
des fleurs embaumaient seul l'oiseau
chantait joyeux sous les rameaux
"...Qu'une centaine et - à l'heure où vous lirez ces lignes -, que plusieurs centaines d'écrivains décident de quitter Grasset est loin d'être anodin: à travers leurs refus de souscrire à l'autoritarisme de Vincent Bolloré, quelque chose se dit d'une possibilité de résister.
On dira qu'ils s'arrangeaient bien jusqu'à présent d'être les otages d'une maison d'édition aux ordres d'un milliardaire d'extrême droite; mais c'est que précisément quelqu'un les protégeait en leur garantissant la liberté de penser et d'écrire: ils avaient un éditeur, ils avaient Olivier Nora.
L'oligarchie comme religion ne peut qu'aboutir à une religion de l'oligarchie, c'est à dire à la brutalité de l'accaparement, à la violence de l'empire. Son autorité ne se justifie que d'elle-même: elle est donc idéologique, et c'est d'une idéologie sans réplique. Lorsqu'une oligarchie s'empare d'un territoire, c'est pour l'annexer à son profit: ainsi de l'opération nettoyage culturel menée en France depuis quelques années par Vincent Bolloré.
Car le monde des affaires rêve toujours de faire le ménage, autrement dit de nettoyer les cerveaux. Que la littérature ait perdu de l'influence ne doit pas cacher à quel point sa liberté profite à tous: un livre libre rend libre des milliers de personnes. Des esprits muselés produisent des mondes éteints; des esprits libres, au contraire, ouvrent les mondes pluriels, contradictoires multiples.
J'entends parfois parfois parler de "bien-pensance" à propos du monde de l'édition. C'est précisément le contraire qui a lieu: si le capitalisme d'extrême droite, ce nouveau conformisme planétaire, s'obstine tellement à vouloir karchériser le milieu intellectuel et à contrôler le monde des publications, c'est parce qu'il hait cette effervescence de la complexité qui s'appelle la pensée - c'est pour que règne partout l'absence de pensée. Car soyons clair: l'extrême droite, c'est la misère intellectuelle, la nullité poétique, les égouts de la littérature. L'extrême droite, ce sont les poubelles de l'édition."
Yannick Haenel
Ceci n'est pas de la poésie
ceci c'est juste des pensées
qui me viennent
au matin de ce jour printanier
L'éducation à la haine
l'éducation à la mort
ne cessera pas
elle fait partie depuis si longtemps
des civilisations
Qui voudrait la paix
c'est un mot trop oublié
dirait Saint-Exupéry.
J'entends les infos du matin
je frissonne en buvant mon café
il y a longtemps que l'on ne peut plus
déjeuner en paix!
Je frissonne en songeant aux enfants
qui deviendront dans certain pays
des guerriers des machines à tuer
à six ans que l'ont revêt
de vêtement militaire
Est-ce ainsi que les hommes vivent
dirait Aragon oui c'est ainsi
et mon désespoir broie le noir.
J'écoute le chant de mort du monde
il faut une grande volonté
pour entendre aussi le chant de vie.
Je tends l'oreille il est là le petit chant
qui sourd sous la pierre
dans les veines dans le sang
pulsations intérieures du cœur.
Il est dans les fleurs
les verts du printemps
j'oscille entre espoir
et désespoir.
Je regarde Jean-Marie Le Clézio
qui est comme un chêne
avec sa force paisible
son regard clair
son air toujours sérieux
peu de sourire mais sa parole calme
son écriture poétique qui se dresse
alors contre les pouvoirs abusifs
des maitres de l'univers
qui croient que tout s'achètent
une parole juste et efficace
avant de s'éteindre
quelques traces dans la nuit
dernières fragrances
des flaques de bleu
sur les paupières baissées
rêves oubliés
Tableau de Miro
Femmes et oiseaux dans la nuit
Impose ta chance
Serre ton bonheur
Et va vers ton risque
À te regarder ils s'habitueront
R. Char