Il
se laisse tomber dans son fauteuil, les yeux grands ouverts, sans
savoir ce qu'il fixe avec tant d'intensité, il ne bouge plus. Il
laisse le fil de ses pensées osciller tantôt ici, tantôt là, sans
fixer son attention nulle part. Bientôt il perd le fil, il perd
conscience dans les brumes du rêve. Un labyrinthe de haies de buis,
taillées à hauteur d'homme l'entoure. Il lève la tête. Au dessus
de lui le ciel est noir, menaçant. Il doit sortir au plus vite de
là, mais n'a pas envie d'errer sans fin pour trouver la sortie. Il
connait trop ces jeux là. Il s'assoit par terre, fatigué,
découragé, les genoux relevés, la tête dans les mains. Qu'est-ce
que je fais là,
j'ai
perdu le fil d'Ariane, je vais peut-être rencontrer le minotaure.
Il frissonne. Tout
cela n'a ni queue ni tête, comme un labyrinthe. Ni début ni fin. On
est au milieu et on se démerde, comme dans la vraie vie. La vraie
vie qu'est-ce donc?
Il soupire, se relève et marche au hasard, d'un pas traînant. Peu à
peu la marche lui redonne de l'énergie, de la confiance. C'est un
rythme pendulaire. Ça vit, ça vibre en lui. Il aperçoit un
papillon bleu, devant lui, le suit du regard. Ses pas aussi vont dans
cette direction. Le papillon laisse une tache claire sur le feuillage
sombre du buis. À ce moment précis, il Voit.
Il voit la sortie du labyrinthe et derrière une immense prairie,
tachetée de fleurs jaunes. «It
may be a shade that traverses a dust, a force that traverses a shade.
–
Une
ombre qui traverse une poussière, une force qui traverse une
ombre.–» (1)
Il connait bien cet auteur, ces mots lui reviennent de temps en temps
comme une incantation.
Pour la suite voir : ICI Photos et consigne d'atelier d'écriture de Laura

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