jeudi 9 juillet 2009

Nuages





Quels que soient les nuages
Le bleu du ciel est toujours présent



Proverbe Chinois

dimanche 28 juin 2009

Des Voix


Quelquefois à l'orée d'un bois
coule une lumière qui parle de toi,
nous marchons en silence
pour retenir ce moment intense
en quête de l'aube d'été
où chante l'inespéré.

A certaines heures insolites
l'oiseau de feu nous visite,
le barde à sa harpe sourit
sa voix égrène une litanie
de mots taillés en pierre de lune,
de vent dans le sable des dunes.

D'où viennent ces voix
qui nous parlent parfois
ces voix qui nous hantent
ces voix qui nous mentent?
Est-ce le poète visionnaire
Merlin en sa tour d'air?

Veilleur de la nuit des profondeurs
dragon des abysses intérieurs
rêveur aux portes des songes
sous la pierre des vents d'orage
à travers énigmes et paraboles
il nous conte notre histoire Eole.

Peinture de Joël

samedi 20 juin 2009

Sang



Lignes sur le sol
bien serrées
Blocs de basalte
bien rangés.
La terre parait lisse
ordonnée.
Juste un suintement
rouge.
Le sang de la terre.


Traces sur la pierre.
Écriture de la terre.
Énigme du temps.
Le chant ancien
des orgues basaltiques
pulse encore dans nos veines.
Un étau enserre les tempes.


C'est la même douleur
qui nous relie
au vieux volcan endormi.
Le feu liquide du passé
souffrance pétrifiée
blocs noirs refroidis.
A la surface
lèvres craquelées
rocs parcheminés
de veinules rouges.
Sous la pierre
un coeur palpite.


Des mots noircis
érodés
râpent la gorge
les cris engloutis
écaillent l'écorce
terrestre.

jeudi 11 juin 2009

Ti a v v o l g e




Parlare fino ad uscire dalle parole,
un ampio intreccio di sospiri
e di vicoli. Le lunghe glosse
di ogni piu minuta fatica, i resoconti
degli anni e dei secoli dei morti.
Miracoli e naufragi. Calendari.
Silenzio, dopo.
Dalle finestre. Ti avvolge.

Fabio pusterla ( Cheyne editeur 2°Ed 2004 p47)
Deux rives

"Parler jusqu'à sortir des paroles,
un entrelacs sans fin de soupirs
et de ruelles . Les longues gloses
sur la moindre peine, le compte rendu
des années, des siècles, des morts.
Calendriers, miracles, naufrages.
Puis, le silence.
qui vient des fenêtres. t'enveloppe."


Traduction Béatrice de Jurquet
et Phlippe Jaccottet

vendredi 5 juin 2009

Lauze





Vieux toit de lauze
enfoui dans la verdure
pierre et végétal
dormant

Vieux Toi
assis au bas
d'une mémoire
endormie

laissant les heures
filées
comme un train
dans la nuit

il se repose
pareil au vieux toit de lauze
bientôt il ne pourra plus
suspendre le temps
ni les images projetées
par le magicien
vagabond




samedi 30 mai 2009

Echo



Seule dans le noir quand la peur nous cerne
et que la seule chose qui nous sauve de l'effroi
est l'oubli ou la vie à l'état animal, instinctive,
où seul le ressenti et l'automatisme nous guide.
On ne peut cependant comme avec l'ordinateur
jamais débrancher totalement la pensée
"et comment empêcher la pensée de filer là où elle veut aller,
la pensée pense à son idée..." *
La pensée et ses questions obsédantes.
Quel sens donner à l'existence
alors que l'on a la sensation de n'être rien qu'un caillou
jeté dans l'atmosphère, livré aux caprices de l'univers,
de ses lois qui nous échappent et que l'on ne contrôle rien
ou juste une illusion de contrôle,
dans une contingence sociale où une comédie humaine
prend le pas sur une véritable existence,
mais qui sait ce qu'est une véritable existence?

alors que
" ce monde étrange continue de tourner"*

*Citations de Paul Auster extraites du livre Seul dans le noir

mercredi 27 mai 2009

La meule


Parfois la rencontre avec des choses inertes
produit un choc.
S'ouvre un puits de lumière
où notre œil s'engouffre.
Il s'opère comme un regain d'énergie
la matière danse à nouveau
union du vide et du plein,
au centre le silence
à la périphérie, vibrations.
La meule chante
la chanson du moulin oublié,
dans un crissement de la pierre
broyant le grain
je refais vivre la roue du temps
juste un instant
avant que tout ne retourne à la pénombre
et à l'oubli.